Didier Daeninckx


Retour à Béziers

Collection : Collection jaune

Récit

96 pages

10,00 €

978-2-86432-771-4

octobre 2014

Contrainte de quitter Paris parce que sa retraite est trop faible, Houria décide de revenir vivre à Béziers, la ville de son enfance. Elle trouve facilement à se loger dans un immeuble haussmannien du centre-ville avec vue sur les Champs-Élysées biterrois, les allées Paul-Riquet qu’arpentent les candidats aux élections municipales. Plus grand-chose ne subsiste de la ville florissante de son souvenir. L’ancienne capitale du Midi viticole est aujourd’hui rongée par la pauvreté, frappée de déshérence, victime de l’incurie. On y perd même au rugby…

Au printemps 2014, alors que les thématiques du Front national y trouvaient un écho amplifié, Didier Daeninckx a suivi Houria le long des façades délabrées, des vitrines murées, des ruelles à l’abandon, dans la cité de la Devèze où se sont succédé rapatriés et immigrés. Un décor sur lequel ses personnages ne projettent plus que leurs ombres désabusées.

 

Retour à Béziers avec des photos de Sébastien Calvet, format numérique interactif (La Générale de Production / L’Apprimerie, prix du Livre numérique 2014) et le documentaire de François Rabaté Place publique, publiés dans le cadre d’un projet transmedia, sont disponibles sur le site www.placepublique.tv

 

Je me suis enfoncée dans le réseau des voies médiévales par la rue des Balances bordée d’hôtels particuliers. La majesté des palais comme celui de Sarret avec sa loggia ouvragée et son imposant escalier de pierre contrastait avec l’enfilade de commerces fermés, de vitrines passées au blanc d’Espagne, de devantures défraîchies. J’ai ralenti en passant en face d’une droguerie dont les carreaux avaient été remplacés par des planches mal jointes sur lesquelles couraient des inscriptions obscènes. Plus loin, des parpaings obturaient la façade d’une bijouterie. Même ambiance aux alentours de la mairie avec son lot de pizzerias et de boulangeries en déshérence. La vieille poste qui faisait face à l’hôtel de ville avait disparu, remplacée par une place minérale et l’arrêt Gabriel-Péri, un abribus déstructuré en tôles de couleur rouille, criblé, comme à la mitraillette, de trous qui formaient les noms de toutes les stations placées sur la ligne. Plus j’approchais des halles, et plus mon regard accrochait les traces du désastre. Pas un passage qui ne recèle deux ou trois boutiques moribondes, alors que me revenaient les images d’hier quand une foule avide se pressait sur les trottoirs et que le moindre espace donnant sur la chaussée regorgeait de marchandises.

Le Matricule des anges, novembre-décembre 2014, entretien réalisé par Thierry Guichard

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L’Hérault du jour, 10 novembre 2014, par Amélie Goursaud

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La Quinzaine littéraire, 1er novembre 2014, par Norbert Czarny

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« Les bonnes feuilles », par Sandrine Treiner, France Culture, mardi 21 octobre 2014 de 14h56 à 15h

« La librairie francophone », par Emmanuel Kherad, France Inter, samedi 4 octobre 2014 de 15h à 16h