Le format d’un livre, ce sont ses dimensions bien sûr, mais davantage. C’est l’expérience d’un dehors et d’un dedans, celle d’une approche, d’un rapport physique avec l’objet, c’est un ensemble de sensations. À chaque ouvrage une hospitalité ; à chacun un tempérament.
Pour être entrés dans notre existence, ces bouquins sont nos jalons. Nous avons versé dedans une part de notre temps, un peu de notre vie y est désormais enfermée, capable de renaître.
Michel Jullien, Le format d’un livre
En librairie le 12 mars
Au-delà de l’intrigue qui se noue autour d’un mystérieux faussaire, ce roman évoque la mort du codex, que personne n’imaginait alors, le basculement avec la naissance de l’imprimerie dans l’ère de la production par la machine plutôt que par la main.
Michel Jullien, Esquisse d’un pendu
En librairie le 12 mars
Depuis qu’elle a commencé à écrire, Anne Serre tient des carnets. Il ne s’agit pas d’un journal. Elle y note des bribes de rêves, le bref récit de détails frappants, lus, vus ou entendus, des observations, des questions, des réflexions, qui concernent souvent l’art et la littérature, mais bien autant l’existence, et en particulier le rapport à autrui.
Une sorte d’obstination semble caractériser ces carnets : celle d’une écrivaine à saisir l’énigme de la création et de l’existence.
Anne Serre, Rêve cette nuit. Carnets, 2002-2024
En librairie le 19 février
« C’était joli ces actrices mouillées au corps nu, palpitantes. À croire que tout est permis sur une scène. Sandor, le jeune premier, maugréait. Natacha l’héroïne avait les lèvres bleues, quant à Rutila, fière d’une poitrine exquise que le monde entier avait admirée, elle riait comme une folle. Une crise de nerfs probablement. Il faut dire qu’elle était allée très haut dans le ciel. Presque trop haut peut-être. Elle faisait (sans plaisanter) semblant de cracher des étoiles. Grégoire (artiste laid mais doué) sautait d’un pied sur l’autre pour se réchauffer. La troupe était considérable : il y en avait encore qui descendaient du ciel alors que le public finissait presque d’applaudir. »
Anne Serre, Sous les arbres, une prairie
En librairie le 19 février
Autobiographie à travers le prisme des nombreux emplois que l’auteur a occupés entre l’âge de quinze ans et quarante ans, portrait sans concession de l’Italie, de ses mutations et de sa modernisation mensongère, Works est le livre d’une vie, de mille vies racontées avec une rage méticuleuse – un chef-d’œuvre de la littérature italienne enfin traduit.
Vitaliano Trevisan, Works
Traduit de l’italien par Christophe Mileschi et Martin Rueff. En librairie le 22 janvier
Un récit de l’avenir.
Nous sommes en 2030, des entités naturelles, notamment une rivière, sont devenues des « personnes » : elles jouissent désormais de droits qui leur permettent de faire valoir leurs perspectives et leurs besoins, autres qu’humains…
Camille de Toledo, L’internationale des rivières
En librairie le 5 février
« Voilà longtemps que rien n’est venu s’opposer véritablement à l’ordre des choses. Même, presque tous ceux qui prétendaient mener une critique sociale ne se sont nullement rendu compte de l’anachronisme de leurs armes. C’est pourquoi il n’est peut-être pas tout à fait inutile de revenir à cet appel d’air, à travers lequel, cherchant à ce que le vent se lève, j’avais misé moins sur la poésie proprement dite que sur l’insurrection lyrique qui en est à l’origine et réussit parfois à embraser tout le paysage. »
Annie Le Brun, Appel d’air
En librairie le 15 janvier
Entrelaçant les époques et les destins, le roman nous entraîne sur les traces de ces femmes, bergères ou vagabondes, qui disparaissent sans témoin. Il se déploie par-dessus les vallées pour nous ramener au désert de Platé, puisque c’est là que cette histoire commence, au milieu des fleurs d’altitude, où rôdent les chiens, les souvenirs et les fantômes.
Laurence Potte-Bonneville, Fossiles
En librairie le 8 janvier
1985. À quinze ans, le narrateur travaille dans une librairie du Touquet. Il doit cet emploi à François, un ami de la famille. Si les journées sont consacrées aux livres, les soirées et les nuits sont celles d’un adolescent avec ses désirs d’amour et d’amitié. Ce sont aussi les premières vacances pour explorer la danse, la liberté des corps dans les dunes et les discussions jusqu’à l’aube. Une vie en quatre mois, dilatée dans l’écriture de l’intime et de l’introspection.
Julien Viteau, Chiens
PREMIER ROMAN en librairie le 8 janvier
Une mère nous parle de ses deux filles, qu’elle voit amples comme des villes en expansion. La première est déjà là quand le récit commence, la seconde naîtra bientôt, après la perte d’un autre enfant lors d’une fausse couche. Ici, la temporalité de la maternité domine : celle de grossesses compliquées, d’hôpitaux et de services des urgences, la temporalité d’un corps qui produit, parfois sans qu’on le veuille, la temporalité de la naissance, celle des soins, ou des désirs trop souvent empêchés.
Hélène Laurain, Tambora
En librairie le 28 août
« Longtemps l’arabe s’allie pour moi à l’amer. Je l’ai rejeté de tout mon corps et il me revient par vagues. Je ne l’ai jamais vraiment perdu et j’ai du mal à penser qu’on puisse perdre une langue. Je vis dans la langue de mes parents comme elle vit en moi. »
Nassera Tamer, Allô la Place
PREMIER ROMAN en librairie le 21 août
À la fois plaidoyer pour l’abstraction, récit d’une vie de peintre éternellement en exil, découverte émerveillée de la puissance de l’art, ce texte autobiographique est écrit dans une prose étincelante, qui fait appel aux sensations et aux impressions les plus primitives.
Wassily Kandinsky, Les marches
Traduit du russe par Catherine Perrel. En librairie le 2 octobre
Sarah Kofman a inscrit la parole de l’enfant témoin survivant dans la généalogie de la philosophie.
Les deux essais ici réunis – Paroles suffoquées et Comment s’en sortir ? – en montrent le coût vital et la volonté de sortir la vie et l’espèce humaine des décombres de l’humanisme, sans y renoncer.
Sarah Kofman, Paroles suffoquées, suivi de Comment s’en sortir ?
En librairie le 16 octobre
Tous publiés au début de 1897, à Vienne, les quatre textes rassemblés ici sont les pièces d’une vive polémique sur le sens et la visée du sionisme.
Ils condensent les questions et des réponses – à l’heure de l’affaire Dreyfus et des pogroms, au cœur de l’Europe alors en proie à la montée des nationalismes – quant à la nécessité d’œuvrer pour ou contre l’établissement d’un « État des Juifs », tel que préconisé par Herzl dans son célèbre ouvrage, qui venait alors de paraître.
Moritz Güdemann, Theodor Herzl, Benjamin Rippner, Max Nordau, D’une nation juive, ou non. Controverse, Vienne, 1897
Traduit de l’allemand et présenté par Johannes Honigmann. En librairie le 6 novembre
Huit chapitres, soit l’introduction de Maïmonide à son commentaire du traité Avot – huit textes très synthétiques qui tiennent lieu d’un véritable traité d’éthique.
Moïse Maïmonide, Huit chapitres
Traduit de l’arabe et annoté par Jules Wolff. Édition revue et mise à jour par René Lévy, augmentée du texte original et d’une notice sur Jules Wolff. En librairie le 6 novembre
Étudiant la préparation, la scénographie, le filmage et la mise en récit de ce procès qui fut qualifié d’historique avant même d’avoir commencé, Sylvie Lindeperg examine le fonctionnement d’une justice antiterroriste placée au carrefour de la justice ordinaire, de la justice spécialisée et de la justice d’exception.
Une réflexion de circonstance sur la justice et sur ses impensés.
Sylvie Lindeperg, Archéologie d’un procès. Juger les attentats du 13 novembre 2015
En librairie le 2 octobre
Ces « schizogrammes » évoquent ici une tranche de vie, là un destin, ailleurs la folie douce de l’institution psychiatrique. Autant de fictions vraies qui opposent à la construction médiatique du « schizophrène dangereux » des figures de malades vulnérables, saugrenus, poétiques.
Emmanuel Venet, Schizogrammes et autres textes
En librairie le 4 septembre
À la fin de sa vie, sur l’invitation du roi de France, un maître italien, peintre et architecte, quitte son pays. Au terme de son long voyage, jusqu’à la Loire où il aura sa demeure, on lui donne une servante. La relation de leur rencontre est le cœur du roman – jusqu’à son point d’orgue : la demande.
Michèle Desbordes, La demande
En librairie le 4 septembre
Actualités
Allô la Place de Nassera Tamer figure dans la sélection finale du prix Première de la RTBF et dans celle du prix Multitude.
Allô la Place a été finaliste du prix du Premier Roman et du prix Les Inrockuptibles du premier roman.
Pour Tambora, Hélène Laurain est lauréate de la mention spéciale du jury du prix Wepler La Fondation La Poste et du prix de la Page 111.
Le livre a figuré dans la première sélection du prix Goncourt et du prix littéraire du Deuxième Roman. Il a, en outre, été finaliste du prix Blù Jean-Marc Roberts et du prix Alain Spiess du deuxième roman.
Tambora d’Hélène Laurain et Archéologie d’un procès de Sylvie Lindeperg figurent dans la sélection des meilleurs livres de l’année 2025 du Monde des livres.
Yoko Tawada est lauréate du prix Nelly-Sachs 2025 pour l’ensemble de son œuvre.
Le prix de l’Essai de l’Académie française 2025 a été attribué à Christophe Pradeau, pour Sur les lieux.